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28 février 2005 : France Culture
Dom Hugues MINGUET est l’invité de Jean Lebrun dans son émission « Travaux Publics » sur le thème « Guérir du Capitalisme »
Octobre 2005 : Les Cahiers d’Ernst & Young n°8
Le courage de diriger – Solitude et partage
Entretien croisé de Dom Hugues MINGUET & de M. Bertrand Collomb, Président du Conseil d’Administration de LAFARGE.
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Acteurs
de l’Economie
« Il peut exister un sens moral aux fortes rémunérations
des dirigeants »
Pour
le père Hugues MINGUET, fondateur du centre d’études Sens et
Croissance, tout est question « d’exemplarité. Le dirigeant
doit avoir un discours et un comportement éthiques, sociaux, moraux et
cohérents. On ne peut pas demander à ses salariés de faire des efforts
et soi-même adopter une attitude contraire. Cela vaut pour la
rémunération. Ce qui est important n’est pas le montant du
salaire, mais l’action qu’il récompense et la finalité qui
en est faite. Il existe une exigence morale à la destination de
l’argent. La famille Mulliez, propriétaire d’Auchan, est à
ce titre emblématique. Elle se sent dépositaire d’un don
qu’elle doit faire fructifier pour autrui. Le réinvestissement
des profits en création de milliers d’emplois, de nouveaux
magasins, et dans la participation des salariés donne aux rémunérations
un sens moral. Ils épousent là l’approche biblique, au nom de
laquelle le fameux « malheur aux riches » n’intervient
que lorsque les dépositaires de cette bénédiction qu’est l’argent
ne l’affectent pas à répandre le bien autour d’eux.
L’argent est malsain quand il devient une captation au bénéfice
de sa seule personne. Il prend un autre sens quand il est créateur de
valeurs pour autrui. Ce qui explique que dans l’entourage du
Christ il y avait quelques personnes riches, à l’instar de
Mathieu qui était collecteur d’impôts ».
Hugues
MINGUET stigmatise le fossé des rémunérations qui récompensent les
fonctions manuelles et « intellectuelles » : « Il
n’y a pas d’homme qui a plus de valeur qu’un autre.
Les écarts trop importants sont amoraux. Eu égard à la pénibilité de
son travail, on peut même considérer qu’un OS contribue de
manière plus grande à la vie de son entreprise que le cadre rivé à son
écran d’ordinateur. De quel droit le fameux « marché »
pourrait-il décréter que moi-même, qui exerce une fonction
intellectuelle, devrait valoir davantage que l’artisan qui fait
vivre une famille entière ? ».
Selon
les règles monastiques du couvent « Cœur de Jésus »
situé dans le Var, l’activité économique doit contribuer au
développement de chaque membre et permettre le service de la
communauté. La performance liée au travail doit être suffisamment
importante pour assurer l’existence de la communauté et un don de
10% aux nécessiteux. Mais elle ne doit pas être « exagérée » afin
de ne pas lui inféoder,la communauté. L’Entreprise peut-elle
s’en inspirer ?
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ENTREPRISE
& CARRIERES n°731-du 28 septembre au 4 octobre 2004
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